Bricoles

anges et dragons, mots et merveilles, rêves et insomnies, silences et monstres, tempêtes et tangos, bricoles verbales, hululements lunaires, musique universelle

11 janvier 2008

PRÉSENCE

ruzaour

comme un soupir
vent dans les voiles

tango: gréments grincent
douceur et sourde douleur
rythme des vaisseaux

 chavire le coeur
au gré de la lourde vague
clos les yeux
sommeil sous-marin

présence palpable comme un souffle
un battement de cils
ou un chuchotement
au creux de l’oreille

aile de corbeau
sang chaud coeur bat
rouge et or et noir

chuchotement
au creux de mon oreille


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14 mai 2007

L'ANGE TOUJOURS

 

il arrive parfois
que la vie fait un tournant trop abrupt
dans les montagnes russes

alors tout tombe
absence subite de sens
masques chus monstres mis à nu

plus personne vers qui se tourner
(des chimères ou des figurants hostiles
découpés en carton sur leurs pieds plats)

s'amoncellent alors les lunes grises et visqueuses
autour de la basse ville écaillée
le pur et profond vertige du précipice
semble plus harmonieux que le chaos environnant
la saveur de la mort cendreuse plus doux que le miel
et l'astral comme une fusée dépasse les clochers en route vers l'éther

c'est alors que l'ange pose une main chaude sur le corps vacant
en chuchotant des mots-clés des mots-chaînes   
des mots-chair
encore une fois

 

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05 mars 2007

JARVIS

Jarvis__2006_

quelle est la différence entre une plate image en carton

d'Oliver Twist & Shout

grandeur nature (d'une part)

 

et d'une image en chair et en sang qui se tortille en courant

d'un bout de l'impasse à l'autre (d'autre part)?

 

pleurs persistants

douloureux de percuter le mur

 

un arbuste tordu ricane et gémit contre la fenêtre

blessures douces et cuisantes mièvrerie sensuelle

 

d'un empire décomposé

pousse un roseau en plastique long et chétif

à l'ombre d'un soleil qui jamais ne se couchait

 

guigne fatale poisse habit trop large qui flotte autour des côtes

article de mode sur mesure

insouciance: fausse sournoise piquée de vers pourrie

éternelle révolte juvénile sénile

 

pleurs persistants

 

de la bouche et du nez jaillissent des morceaux de verre multicolores

débris tranchants comme diamants

d'un héritage fracassé

 

hurlement:

morceau amer de travers dans une gorge brûlée

étouffé par un violon en sirop ironique

on rigole dans les ruines fumantes d'une ville

danse de la décennie:

décadence

tue-moi mais pas tout de suite

 

douloureux de percuter le même mur

durant des siècles

 

d'un doigt maigre

il trace un éclair dans l'air,

que la sorcière de la destinée le tâte

fasse une grimace et renonce

 

rit avec les sanglots de l'enfant en plein cauchemar

pourquoi je suis encore là?

 

douloureux de percuter sans cesse le mur

quand on sait

héritage des générations: aspera ad astra

 

pleurs persistants


(ÓP)


   (trad d'un texte en islandais qui a été publié il y a dix ans, photo prise en 2006, trouvée sur Wikipedia)

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02 janvier 2007

DÉRIVE DES CONTINENTS

Lumière fluide
à l’horizon
Pensées liquides
Muées en océan
Hydre: un coeur bat au néant

(bricole publiée sur IS-101 en mars 2006 - elle m'a été rappelée dès la première heure de cette nouvelle année)

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31 décembre 2006

AN AMZER NEVEZ

IMG_1069

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23 décembre 2006

Son en ur beuziñ

Don an dour
o redek sioul a-wechoú
a-hed ma vuhez

Diroll an dour
o taoulamm fuloret
tro-dro ma bed a-wechoú

(bricole d'avril 2006 récupérée sur IS-101)


Eau profonde
qui coule parfois sereine
le long de mes jours

Eau déchaînée
qui fouette en fureur
mon univers par moments

(trad toute neuve)





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04 octobre 2006

ELEGIE


(C'est clair, il y a tout de même trois personnes qui viennent assez régulièrement sur cet îlot. Soyons fous, une avant-première: une bricole déjà vue sur IS-101, certes, mais ce qui est neuf et inédit, c'est les trads – la même litanie en islandais et anglais. Trois langues en tout... le breton, pour une fois, attendra).

EN ATTENDANT CE SACRÉ PRINTEMPS

phrases déchiquetées au croissant de lune
déferlent sur une dune lointaine laments et berceuses

écume des verbes fouettant les écueils
éclair, orage, ô désespoir, rire ou râle

reflet dans l'éclat de verre, chair meurtrie, passé simple cristallin
gros sel gris, sucre roux, âcre saveur, devenir

amertume, millepertuis
flamboient les sens
bat le sang

brûle le sang
phare à l'horizon, sens, sang

sentir et ressentir
des mots la morsure

Paf!
ta gueule, la muse
et l'autre avec son museau
qui me tient en laisse

mal à la nuque

mords-moi de mots
mots démons
monts chauds
à ton toucher
vibre au rythme de la rime vive
mon coup de griffe

sur ton parchemin

émoi
à mort

amor


BEÐIÐ EFTIR FJANDANS VORINU

orð gauðrifin af mánasigð
brotna á strönd vögguvísur og kviður

lemur sagnanna löður skerjagarð
leiftur, þruma, þrumulost, hlátur eða hrygla

glampi í glerbroti, holdið sárt, fágæt þátíð
salt gróft og grátt, rauðsykur, remma, verðandi

biturð, beiskar jurtir
logandi skynjun
slagæðasláttur

glóð blóð
viti sem brennur, merking, dreyri
finnugaldur

svíður undan orðum

Svei!

Haltu kjafti, skáldagyðja,
og hitt goðið með trýnið

sem teymir mig í bandi
verkur í banakringlu


svíður undan orðum
sveimandi dulmagn

orðin heit og upphleypt
undir fingri


titrar í takt við rímið kvika
klór mitt og pár
á bókfelli þínu


umrót
allt til dauða

eins og ást


STILL WAITING FOR THAT FUCKING SPRINGTIME

Words shred by the moon’s crescent
lullabyes and rhymes break upon the shore
skerries beaten by foaming tales
lightning, thunder, strike, laughter or death rattle
a shard of glass gleaming, wounded flesh, the rare past tense
rough sea salt, brown sugar, bitterness, becoming
resentment, gall-tasting herbs
senses all glowing
arteries striking
gleaming vessels
a lighthouse on fire, blood-drenched meaning
eerie spells
flaming words

Blast!
Shut up, you fucking muse,

and the godhead with the snout
pulling on my leash

pain in the back of my head

burning words
a mystery unleashed

words warm and mountainous
to the touch
quivering to the rythm of the living rime

my scratching and clawing
at your parchment


turmoil
until death
just like love




Posté par Olof à 12:49 - Débuts - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 septembre 2006

GENESE PARRICIDE

Le géant Ýmir, prenant son pied,
engendra des monstres
son pied droit fertilisant son pied gauche
(une hydre à six têtes entre autres)

Des aisselles du géant Ýmir sortirent homme et femme
(une histoire de déodorant, sans doute)
puis le patriarche monstrueux se fit vieux et fielleux:
Sa progéniture l'assassina.


De la dépouille du père ainsi occis,
les descendants meurtriers ont créé un monde.


Le premier jour, ils ont pris sa chair pour en modeler des pays.
Au second, de son sang, ils formèrent lacs et océans.
Au troisième, ils ont disposé ses dents et ses ossements en montagnes et en massifs.
Le quatrième jour, ils firent du crâne gigantesque le firmament, la voûte céleste.
Au cinquième jour, des sourcils formidables, ils érigèrent une clôture qui protège le monde.
Le sixième jour, la cervelle du géant devint nuages entre leurs mains.
Au septième jour, la tignasse du cadavre devint denses forêts.


De nos jours, il est encore des magiciens
qui transforment la barbe du géant hirsute
en ornements tressés,
dessins enchevêtrés,
images de divinités.


(en réponse à OrbiiX qui parle de tresser la barbe d'Ýmir et le fait)

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11 août 2006

inventaire

des abeilles plein la tête
pour chercher le suc des fleurs
en extraire le miel des rêves

des libellules plein les yeux
pour percevoir le bleu du ciel
les signaux des nuages

des papillons plein les oreilles
pour entendre les couleurs
écouter l'éphémérité

des étincelles plein la bouche 
à charger de sentiments
amour et colère

des aurores boréales au bout des doigts
limite territoriale pour les fées déguisées en araignées
qui tissent des tapisseries compliquées

et puis les pieds
brûlants et ailés




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26 juillet 2006

les apprentis sorciers

Merlin l'enchanteur est celui qui est né
avec une éternité devant lui
et une éternité derrière lui
et au-dessus et en-dessous aussi 
et comble d'infortune 
un bien pesant héritage

Il apprit peu à peu
que par l'alchimie du moment
une éternité peut être permutée
pour devenir l'instant présent 

prenons le plomb laissé par nos pères
et les misères empilées par nos mères
brûlons et fondons le tout
pour distiller l'or du temps goutte par goutte
Bjarnarfj_r_ur_146

Posté par Olof à 06:00 - Débuts - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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